Les nouveaux souverains

27 02 2009

Aujourd’hui, Facebook tente de devenir plus démocratique. Cette décision est la conséquence d’une énième bourde de la part de la jeune compagnie.  Personnellement, la tournure des événements ne surprend pas : selon moi, les plateformes ne devaient être considérées comme des « services » associés à des conditions d’utilisation restrictives, mais plutôt à des « territoires » où les utilisateurs-citoyens s’expriment et agissent. Mine de rien, les compagnies ne font que fournir le cadre, toute la « richesse »  (les interactions et le contenu) est le fruit des actions des utilisateurs. Ils peuvent donc légitimement sentir que le fruit de leur travail leur appartient.

Dans un billet écrit sur le blogue du cours d’économie numérique de HEC Montréal, j’arguais justement que sans nécessairement se rendre jusqu’à l’ouverture totale, les compagnies devaient reconnaître qu’elles devaient sembler être « justes ». D’ailleurs, pour savoir comment agir, elles ne peuvent plus se fier aux anciennes manières de faire, mais se tourner vers d’autres disciplines pour obtenir des réponses. Par exemple, la science politique.

Je lève toutefois mon chapeau à Facebook pour avoir été aussi loin. Traditionnellement, les compagnies privées étant réticentes à s’ouvrir, selon moi, s’assurer d’être un bon souverain plutôt qu’un tyran est déjà un pas dans la bonne direction. Facebook, fais le pas supplémentaire et, d’une certaine manière, se rapproche d’une philosophie 2.0 de cocréation. Je souhaite la meilleure des chances à la compagnie. Espérons qu’elle saura développer une bonne relation avec ses membres et que plus de transparence n’empêchera pas la compagnie de prendre des décisions d’affaires impopulaires, mais nécessaires…





La radio annonce, la télé illustre, le journal met en perspective… et le web ?

11 01 2009

Par Alexandre Cayla

Comme je l’expliquais dans deux de mes derniers billets, le journalisme est tout une fonction (topographier la société humaine) qui prend différentes formes selon le support sur laquelle elle est exercée (la radio annonce, la télévision illustre, le journal met en perspective, par exemple). Ainsi, pour éviter de cannibaliser leur production (j’arrête d’acheter le journal puisque j’ai la même nouvelle en ligne) les organes de presse doivent identifier les forces et les faiblesses de chaque médium et élaborer une stratégie holistique au sein de laquelle chaque support présente de manière différente l’information sur un même sujet/événement. Comme la radio, la télé et les journaux existent depuis longtemps et que leurs « codes » sont déjà bien établis et compris, je me concentrerai sur les caractéristiques intrinsèques au Web.

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Des idées pour le futur

7 01 2009

Howord Rheingold donne cet hiver un cours à Stanford sur le digital journalism. Pour le plus grand plaisir du reste de la planète, il est possible d’avoir accès à la page wiki du cours. On y trouve des idées très intéressantes. Mes préférées ? Le computational journalism et crash course. Ça se passe par ici.





Les 4 défis du journalisme web – 2e partie

6 01 2009

Par Alexandre Cayla

Ce billet est la seconde partie du texte sur les 4 défis du journalisme web. Dans la première partie, les deux défis sont : éviter les débats inutiles et ne pas confondre la forme (support) et la fonction journalistique. Elle se trouve ici.

Troisième défi : retrouver l’essence du journalisme

Lorsque les gens s’informent, ils veulent avoir de l’information sur des événements récents ou futurs qui sont susceptibles de les toucher. De là découle le mythe du journaliste comme « témoin professionnel » : tous ceux qui ne peuvent être présents s’informeront par son entremise. Toutefois, le journaliste n’est pas une simple « courroie de transmission », un simple relais humain plutôt que technologique : il fait le tri de tous les événements et ne rapporte que ceux revêtant une signification particulière pour son public cible. Dit autrement, si l’on considère que la société est un lieu qui se construit au travers les interactions entre ses membres et des événements, le rôle du journaliste serait de topographier l’évolution de la société humaine (d’ailleurs, ne dit-on pas que les conventions sociales sont des « limites » qui sont parfois « redessinées »  par la nouvelle génération ou par des événements particuliers ?).

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Les 4 défis du journalisme web – 1ere partie

6 01 2009

Par Alexandre Cayla

MÀJ : Pour les lecteurs tenaces et courageux, à la fin de la deuxième partie se trouve un commentaire de Collete Brin de ProjetJ ainsi que ma réponse. C’est ici.

Aujourd’hui, dire que le secteur des médias d’information (et, plus particulièrement, celui de la presse écrite) va mal est presque devenu un truisme; fragmentation du public, baisse des revenus publicitaires, déplacement des petites annonces vers de sites spécialisés, comme LesPac, Craigslists ou Kijiji, les sources de ses maux sont nombreuses. Cependant, le véritable fléau qui afflige le secteur n’est pas externe, mais plutôt interne : le manque de vision.

Je concède que cet avis est un peu raide, car le manque de vision des leaders et des chercheurs de l’industrie n’est certainement pas responsable de tous les problèmes qui accablent le secteur. Toutefois, comme Internet est là pour de bon, les sources du problème importent moins que la capacité des organisations médiatiques à les gérer. Voici donc les quelques défis que devront relevés par les acteurs du milieu de la presse.
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Pourquoi le journal collaboratif triomphera

22 08 2008

Par Alexandre Cayla

Le blogue Epicenter de Wired a un billet aujourd’hui qui traite de iReport, la plateforme de journalisme citoyen de CNN. Bien que très court, il argue, chiffre à l’appui, que la cohabitation entre journalisme amateur et professionnel est en train de s’établir. Évidemment, seulement certaines histoires ont été rediffusées. Toutefois, le principe sous-tendant le journal collaboratif (obtenir des «contenus» de plusieurs sources et donc  une diversité de perspectives à portée de main) est respecté. En ayant recours au «crowdsourcing», l’entreprise médiatique peut donc concilier flexibilité et faibles coûts.

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Youtube, gardien de la vérité

13 08 2008

Par Alexandre Cayla

YouTube est souvent considéré comme étant l’archétype des « nouveaux médias ». YouTube et ses émules donnent donc aux citoyens la possibilité de « faire la nouvelle ». Il tire sa puissance de son nombre effarant d’utilisateurs, mais surtout, surtout, de ses « pages vues ». En effet, la capacité d’incruster des vidéos dans des pages web ou de les envoyer a fait en sorte qu’il n’est pas rare que certaines de celles-ci soient vues des millions de fois. De plus, lorsqu’une vidéo (notamment politique) atteint les millions de visualisations, les médias « traditionnels » en parlent. La campagne présidentielle qui a lieu à l’heure actuelle aux Étst-Unis est un exemple de cette évolution : on cherche constamment le prochain « moment YouTube ».

Cette évolution est intéressante, car la plate-forme est à la fois la source et diffuseur de l’événement. De plus, ce n’est qu’à ce moment qu’il peut être menaçant pour les « médias traditionnels », car il se met à remplir une fonction qui était précédemment leur chasse gardée. Une plateforme qui diffuse des vidéos de pandas qui éternuent ne devrait pas être une menace. Toutefois, il y a une caractéristique peut être considérée comme une « menace ».

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Pendant que les Géants dormaient… le monde a changé

14 06 2008

Par Alexandre Cayla

Internet vient encore de prouver sa capacité de changer la topographie de la société humaine en laissant sur le carreau un autre géant qui n’avait pas su l’apprivoiser : Hillary Clinton. En effet, dans la vague des analyses postprimaires (sur son infructueuse tentative de ravir l’investiture de son parti) plusieurs commentateurs ont blâmé, en plus du sexisme, son incompréhension de l’arène électorale post-Youtube.

Le San Fransico Chroncile trace même un parallèle entre les déboires de l’ancienne Première Dame et l’incapacité de certains acteurs de films muets à faire une transition vers les «talkies». À SurleWeb de Radio-Canada, Jean-Philippe Wauthier parle plutôt de la difficulté qu’a Hillary Clinton à s’adapter à une nouvelle « culture de l’authenticité » de l’Internet à l’ère du « 2.0 », des communautés. En substance, il argue que Hillary Clinton a dirigé la plus belle campagne électorale du XXe par siècle tandis que son rival, Barack Obama, a monté la première campagne du XXIe siècle.

Toutefois, son bilan en la matière est beaucoup plus reluisant que ne le laissent penser ces commentateurs : elle a lancé sa campagne en ligne cherchant à établir une «conversation» par le biais de Youtbe, elle a demandé à des milliers d’Internautes de choisir sa chanson de campagne et, vers la fin de la campagne, elle a refait le même exercice avec des T-Shirts. Bref, à mon sens, elle a acquis les outils du médium, mais elle n’en a pas maîtrisé les codes.

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La concurrence sans ses conséquences

24 05 2008

Par Alexandre Cayla

Il n’est pas inhabituel de voir Youtube faire la nouvelle, mais à partir de maintenant Youtube fera de la nouvelle. En effet, sur son blogue corporatif la compagnie a annoncé le lancement d’un nouveau service de journalisme citoyen (Citizen News). L’objectif, clairement présenté par la nouvelle « rédactrice en chef » du service, Olivia M., est de faire de Youtube un « go-to destination » des nouvelles en ligne.

Jusqu’à présent, Youtube et ses émules (notamment dailymotion, veoh.com et Tontuyau au Québec) avaient grandement changé le paysage de la diffusion en permettant à n’importe quel utilisateur de devenir un producteur de contenu et de le diffuser à son public par le biais du Web. Mme. M., parle d’ailleurs de toutes ces personnes qui ont utilisé la plate-forme pour diffuser des « webcasts» d’information allant « des dernières nouvelles sur les événements se déroulant sur le campus à une entrevue avec les maires ». Toutefois, étant d’abord et avant tout une plate-forme de diffusion, les contenus qui s’y retrouvent sont très variés. Par conséquent, même lorsqu’ils sont organisés dans des chaînes, ils sont souvent perdus dans une mer d’autres chaînes plus ou moins pertinentes comme en témoigne la capture d’écran.

Et, même s’il est vrai qu’il existe des fonctions de recherche, le consommateur de nouvelles est avant tout à recherche d’une nouvelle fiable, pas d’une chaîne. C’est d’ailleurs pourquoi les « marques » dominent encore les nouvelles en ligne.

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