Youtube, gardien de la vérité

13 08 2008

Par Alexandre Cayla

YouTube est souvent considéré comme étant l’archétype des « nouveaux médias ». YouTube et ses émules donnent donc aux citoyens la possibilité de « faire la nouvelle ». Il tire sa puissance de son nombre effarant d’utilisateurs, mais surtout, surtout, de ses « pages vues ». En effet, la capacité d’incruster des vidéos dans des pages web ou de les envoyer a fait en sorte qu’il n’est pas rare que certaines de celles-ci soient vues des millions de fois. De plus, lorsqu’une vidéo (notamment politique) atteint les millions de visualisations, les médias « traditionnels » en parlent. La campagne présidentielle qui a lieu à l’heure actuelle aux Étst-Unis est un exemple de cette évolution : on cherche constamment le prochain « moment YouTube ».

Cette évolution est intéressante, car la plate-forme est à la fois la source et diffuseur de l’événement. De plus, ce n’est qu’à ce moment qu’il peut être menaçant pour les « médias traditionnels », car il se met à remplir une fonction qui était précédemment leur chasse gardée. Une plateforme qui diffuse des vidéos de pandas qui éternuent ne devrait pas être une menace. Toutefois, il y a une caractéristique peut être considérée comme une « menace ».

L’autre caractéristique qui peut être considérée comme une « menace » : les vidéos traitant des événements d’actualité ou de personnages politiques. Par exemple, un de mes amis consulte régulièrement YouTube pour se familiariser avec différentes personnalités politiques québécoises. D’une certaine manière, face à ce nouveau médium, les partis politiques se comportent comme une famille qui vient d’acquérir une caméra vidéo : ils sont maladroits et pensent qu’ils seront les seuls à voir les vidéos produites. Par conséquent, ils se sentent plus à l’aise et parlent donc plus librement. Selon lui, il est donc plus facile de connaître le « fond de la pensée » du politicien.

Cette perception a deux implications importantes : d’une part, elle place YouTube comme une source d’information plus que de divertissement ou de curiosité et, d’autre part, présente les vidéos qui s’y trouvent comme plus « vraies » que les « clips» qui sont diffusées durant les journaux télévisés puisque ceux-ci ont été sélectionnés. Aussi, à l’heure où les citoyens sont de plus en plus cyniques envers les journalistes, il sera intéressant de voir si l’impact de ces changements. En effet, il ont pour la première fois un moyen facile de court-circuiter les gardiens de l’information et de « décider eux-mêmes » ce qu’ils doivent en penser.


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