Par Alexandre Cayla
Le blogue Epicenter de Wired a un billet aujourd’hui qui traite de iReport, la plateforme de journalisme citoyen de CNN. Bien que très court, il argue, chiffre à l’appui, que la cohabitation entre journalisme amateur et professionnel est en train de s’établir. Évidemment, seulement certaines histoires ont été rediffusées. Toutefois, le principe sous-tendant le journal collaboratif (obtenir des «contenus» de plusieurs sources et donc une diversité de perspectives à portée de main) est respecté. En ayant recours au «crowdsourcing», l’entreprise médiatique peut donc concilier flexibilité et faibles coûts.
Dans le premier cas, il s’agissait surtout de recevoir des images, des vidéos, du contenu brut qui peut être réutilisé de différentes manières par l’entreprise. Une alternative serait de susciter et de participer à la création de contenus qui pourront être réutilisés par la suite. En effet, dans n’importe quel groupe se trouvent plusieurs personnes qui ont des connaissances qui méritent d’être diffusées. Une organisation médiatique qui trouve ces personnes et leur permet d’améliorer leurs connaissances (techniques ou communicationnelles) peut en tirer de grands bénéfices.
Par exemple, plusieurs étudiants de l’Université de Montréal ont participé au projet de blogue sur l’Asie du Sud-Est (disclosure : j’ai personnellement lancé ce projet). Si un journal venait leur donner des formations sur l’écriture journalistique et disait les meilleurs articles seraient rachetés ou liés au site du journal, il pourrait en tirer beaucoup de bénéfices. D’abord, comme il s’agit d’étudiants universitaires, ils peuvent proposer des analyses plus pointues sur certains sujets que ne pourraient le faire de journalistes. Ensuite, comme le journal n’a aucune obligation de publier ou lier l’ensemble des textes, il peut considérer ces textes comme une base de données dont il pourra se servir lorsque l’actualité l’exigera. Finalement, en développant des compétences de gestion de contenu, il pourrait se repositionner comme portail ou porte d’entrée sur plusieurs sujets, augmentant ainsi son trafic.
À mon sens, ces deux exemples démontrent la valeur des forces du Web. Évidemment, pour être capable de créer cette valeur, il faut changer sa manière de faire et de se concevoir ce qui n’est pas facile à faire. Cependant, ceux qui réalisent immédiatement que le journal collaboratif est le chemin de l’avenir et initient immédiatement les changements nécessaires en tireront des bénéfices indéniables.
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