Par Alexandre Cayla
Ce billet est la seconde partie du texte sur les 4 défis du journalisme web. Dans la première partie, les deux défis sont : éviter les débats inutiles et ne pas confondre la forme (support) et la fonction journalistique. Elle se trouve ici.
Troisième défi : retrouver l’essence du journalisme
Lorsque les gens s’informent, ils veulent avoir de l’information sur des événements récents ou futurs qui sont susceptibles de les toucher. De là découle le mythe du journaliste comme « témoin professionnel » : tous ceux qui ne peuvent être présents s’informeront par son entremise. Toutefois, le journaliste n’est pas une simple « courroie de transmission », un simple relais humain plutôt que technologique : il fait le tri de tous les événements et ne rapporte que ceux revêtant une signification particulière pour son public cible. Dit autrement, si l’on considère que la société est un lieu qui se construit au travers les interactions entre ses membres et des événements, le rôle du journaliste serait de topographier l’évolution de la société humaine (d’ailleurs, ne dit-on pas que les conventions sociales sont des « limites » qui sont parfois « redessinées » par la nouvelle génération ou par des événements particuliers ?).
Tel un cartographe, le journaliste est celui qui dessine la carte de la société dans laquelle nous vivons. Cependant, il n’est pas nécessairement celui qui « cré » ce monde grâce à sa plume ou à son micro. Au fur et à mesure que des citoyens ou des organisations mettent du contenu eux-mêmes en ligne, la fonction de production du discours des médias d’information perd un peu de son sens. Par exemple, lors des événements de Mumbai, plusieurs voyageurs armés de comptes twitter ou flikr et de téléphones portables ont rapporté plus d’informations que certains journalistes armés de leur caméra. Grâce à cette technologie, ceux qui suivaient le fil #Mumbai ont pu avoir un portrait en temps réel de la situation et des informations plus précises sur leurs proches : à la suite des événements le New York Times rapportait qu’une communauté juive avait appris la mort de leur rabin grâce à twitter. Ainsi, le journaliste-cartographe doit d’abord savoir que ces informations existent, les mettre en relation et rediriger ses visiteurs vers la source première. Le Drudge Report (comme Digg et Techmeme) se concentre presque exclusivement sur cette fonction de topographie et il obtien un joli succès. Évidemment, les médias d’information doivent continuer de produire du contenu, mais surtout lorsqu’il y a un manque où qu’une expertise particulière est nécessaire. Le reste peut être « crowdsourcé ».
Plusieurs professeurs de journalisme anglo-saxons (Jeff Jarvis de Buzzmachine et Paul Bradshaw du Online Journalism Blog) proposent différentes manières de concevoir le nouvel écosystème médiatique en émergence. Pour Jeff Jarvis, c’est la perte du monopole des médias de masse sur le discours public qui est l’élément fondamental de ce changement. Internet a transformé l’acte de s’informer en activité active (je fais le tri entre plusieurs sources) plutôt que passive (je reçois des nouvelles comme des produits finis) et permet de le faire auprès de plusieurs sources. Il appelle cette nouvelle configuration la press sphere ou la sphère informationnelle. Selon lui, le journalisme n’est plus un produit, mais un processus. La nouvelle n’est plus qu’une étape dans une succession ininterrompue de mise à jour, d’ajouts, d’observations. Les nouvelles et les sujets deviennent des « molécules qui attirent des atomes » avec chaque acteur (observateur, professionnel, citoyens, experts, politiciens) ajoutant une information, rajoutant des détails à la carte, si l’on veut. Le journaliste est plus coordonnateur que producteur.
Paul Bradshaw, de Onlinejournalismblog.com et professeur à la Birmingham City University, avance plutôt l’idée d’un « journalisme distribué ». Selon lui, beaucoup de contenus et d’informations faiblement différenciés sont déjà disponibles. Le journaliste ne peut plus justifier son rôle de « courroie de transmission » et, par conséquent, doit se placer au-dessus de celle-ci. Cela implique qu’il doit délaisser un aspect, le contenu, pour en prioriser un autre : la communauté. Cela se fait en mettant en place des systèmes de collaboration et des outils pour encourager la participation des différents acteurs : le cerveau (expert), la voix (communicateurs hors pair), les oreilles (ceux qui savent), le journaliste accidentel (le citoyen avec sa caméra ou son téléphone cellulaire), le « valorisateur » (quelqu’un qui connait beaucoup de détails et les subtilités sur des sujets précis), le technicien (capable de présenter de l’information de manière originale, en mashup, par exemple) et la foule.
Même si cela semble assez abstrait, il existe déjà quelques exemples québécois où des internautes ont corrigé des journalistes. Par exemple, lors de l’annonce en mai 2007 que la firme Morgan Stanley créer 500 emplois bien rémunérés (60 000 $ et plus) dans la métropole québécoise, l’histoire avait fait grand bruit. Sur son blogue, Sophie Cousineau, journaliste à la Presse affaires, avait parlé de « coup fumant » de Jean Charest alors en campagne pour se faire réélire. Or, deux jours plus tard, elle fait son mea culpa : 200 des 500 emplois existent déjà et c’est un internaute dénommé « v-go » qui lui a mis la puce à l’oreille !
Un autre exemple provenant d’un autre blogue cyberpresse, celui de Richard Hétu. M. Hétu a l’habitude de faire des liens et d’envoyer ses lecteurs vers des articles en anglais. Toutefois, comme une partie de ses lecteurs ne lisent pas la langue de Shakespear, des extraits traduits en français sont disponibles sur son blogue. Initialement, M. Hétu s’acquittait de cette tâche. Aujourd’hui, c’est un certain « yvonthivierge » qui s’en charge souvent (ici, par exemple). Dans les deux exemples précédents, des inconnus ont permis au journal d’accroître sa valeur et sa fiabilité, et ce, sans demander quoi que ce soit en retour.
Selon Journalism.org, nous sommes passés d’une culture du discours à une culture de la réponse. Que l’information recherchée soit produite par le guide lui-même ou par d’autres n’a pas tant d’importances tant qu’elle permet d’obtenir une réponse. Face à la surabondance d’informations qui existe, l’internaute ne sait pas toujours où se trouve l’information qu’il cherche. Par conséquent, il se fiera à des intermédiaires pour lui dire où se trouve l’information qui l’intéresse; des guides qui le « redirigeront ». L’acte de dresser une carte est un processus continu. Par conséquent, il s’adapte très bien au médium « de mouvement » qu’est Internet. La valeur du guide provient du fait qu’il connait le plus grand nombre de « repères » et, pour se faire, il doit chercher à coaliser et à créer des communautés qui l’informeront des derniers développements. Le meilleur guide est toujours celui qui est à l’affut des dernières tendance et réceptif aux commentaires des personnes qui ont suivi ses conseils. Il en est de même pour le journalisme.
Quatrième défi : imiter Barack Obama
On a beaucoup parlé de l’importance d’Internet dans la campagne présidentielle de Barack Obama, notamment en ce qui concerne les « microdons ». Cependant, ce qui l’on a moins bien compris est que la véritable force de cette campagne n’était pas d’avoir « maîtrisé Internet », mais plutôt d’avoir tenu compte des caractéristiques propres au médium dans sa stratégie de communication globale. Internet n’était pas un autre lieu où « pousser du contenu », mais bien un médium équivalent aux autres qui influence la manière de diffuser un message. Par exemple, durant les primaires de la présidentielle, les propos de son ancien pasteur, Jermiah Wright, ont fait la nouvelle pendant plusieurs jours. À Philadelphie, celui-ci a tenu une conférence de presse au cours de laquelle il a fait un discours marquant sur la race en Amérique. Cette vidéo a été rendue disponible en ligne et le reste bien après que le cycle médiatique traitant de la question soit terminé. Elle est encore disponible aujourd’hui et a été vu plus de 5.5 millions de fois sur YouTube. La même stratégie a été utilisée pour son « publireportage » d’une demi-heure diffusé quelques jours avant le vote final. Première leçon : le rapport au temps est différent et la durée de vie d’un contenu varie d’un support à l’autre. Sur Internet, cette durée n’a pas de limites, rendez-le disponible pour bénéficier de l’effet de la longue traine.
Aussi, vers la fin de la course à la Maison Blanche, le ton devenait de plus en plus acrimonieux. Plutôt que de se contenter de déconstruire les allégations du camp McCain par l’entremise des médias traditionnels, un site Internet dédié a été créé : fightthesmears.com. Ceci a permis aux partisans de Barack Obama de s’informer sur la question, d’en parler avec leurs amis et de contre-attaquer avec beaucoup plus de force. Cela a même permis de changer le discours des médias d’information sur ces questions. Deuxième leçon : le faible coût du stockage sur Internet permet d’aller au fond des choses contrairement à un contexte « traditionnel » où les limites techniques (nombre de caractères par page de journal, temps d’antenne limité, par exemple) forcent les acteurs (et les journalistes) à prioriser les messages à communiquer. Sur Internet, le coût de stockage et de diffusion est ridiculement bas.
Ensuite, sur Internet, il n’y a pas qu’un public. Par conséquent, l’idée de « portail » est désuète. Il faut cibler les communautés qui seront réceptives à son message où elles se trouvent. En plus d’être sur Facebook et MySpace, Barack Obama se trouvait sur une pléthore de réseaux sociaux (voir la liste dans la barre de droite). De plus, les SMS étaient une autre manière de rejoindre un public dispersé. Sur cet aspect, les médias d’information québécois (Radio-Canada, Cybperesse) ne sont pas trop en retard puisqu’ils offrent déjà des flux RSS et des « widgets », des courriels et des nouvelles sur téléphone portable. Les réseaux sociaux ne sont pas encore considérés comme des terres d’accueil intéressantes malgré le fait qu’ils permettent aux jeunes d’échanger et de développer une relation avec la marque.
Cette dernière section n’est pas directement liée aux « enseignements de Barack Obama ». Cependant, elle est tributaire d’une vision du web similaire.
L’hyperlien est un des fondements d’Internet. Cependant, il est gravement sous-utilisé. Grâce à lui, il est possible pour l’internaute de se rendre où il veut. Par conséquent, l’idée qu’une « expérience d’utilisation unique » existe est caduque. Par exemple, il est possible de proposer plusieurs versions du même texte (brève, court, long). Celui qui veut un survol peut se contenter d’une brève, celui qui désire en savoir plus peut suivre un lien pour lire l’article long. En plus d’augmenter la satisfaction, cela permet à l’entreprise d’augmenter le temps passé sur le site et, par extension, le temps d’exposition du lecteur aux différentes publicités. C’est ce que l’on pourrait appeler du « database journalism».
L’archivage, les metainformations et la division du contenu et du contenant sont à la source de la propriété la plus intéressante du web : le mash-up. Jusqu’à maintenant, les archives des journaux sont des « passives » : elles sont utilisées par les journalistes pour se faire une tête ou, sinon, elles génèrent quelques revenus lorsque des lecteurs paient pour y faire des recherches. Cependant, il est rare qu’elles soient à l’origine de « nouvelle valeur ». Par exemple, il est rare de voir d’anciens articles « réactualisés » (en étant hyperliés aux nouveaux) lorsque leur sujet redevient d’actualité. En mettant à la disposition des lecteurs/utilisateurs des outils pour qu’ils puissent créer leurs propres liens entre articles, les partager et faire leurs propre « mash-up », les entreprieses de presse pourraient transformer leurs sites en « plateformes » et donc se trouver au centre de toutes ces activités. Ce changement de paradigme a des conséquences économiques intéressantes. Par exemple, si les utilisateurs commencent à stocker « leur » contenu, il serait possible de mettre en place un modèle « freemium » (service de base gratuit, payant pour avoir plus d’espace de stockage). Tout ceci sans que la réputation de la marque ne soit affectée négativement. En effet, ce n’est pas parce qu’un contenu est disponible par l’entremise d’un service qu’il est cautionner par celui-ci. Revenant à l’idée du journaliste comme guide/répartiteur seul le meilleur contenu recevrait un endossement de la part de l’organisation médiatique.
Conclusion
Les 4 défis peuvent se résumer ainsi : il faut éviter les débats inutiles, au sein des nouveaux acteurs du web se trouvent des sources, des experts, des personnes qui méritent d’être écoutées. Soyez amis plutôt qu’ennemi. La fonction journalistique n’est pas liée à la forme. Cependant, chaque médium permet de diffuser un message d’une manière différente. Utiliser les hyperliens, envoyez vos lecteurs au loin (ils reviendront), cherchés à bénéficier de l’effet de la longue traine. Finalement, placez-vous au-dessus du contenu plutôt que dedans. La fonction première du journaliste est de dire ce qui se passe, pas de l’écrire ou de l’enregistrer.
Des médias américains expérimentent depuis plusieurs années avec des modèles de journalisme participatif, avec des succès mitigés. Il ne faut pas croire que la solution repose uniquement dans l’ouverture des médias à la “grande conversation” sur le Web, même si celle-ci semble être devenue incontournable. Comme l’a souligné un participant au Congrès de la FPJQ, les forums et les blogues génèrent des masses de commentaires de peu de valeur, mal écrits et parfois tendancieux (voire haineux!), exigeant un travail constant de modération et de filtrage, qui s’ajoute aux tâches de recherche, de rédaction, de mise en forme et de diffusion de l’information des médias – alors que les ressources tendent à diminuer.
Il existe ben sûr des blogues indépendants “sérieux”, mais ceux-ci sont l’infime minorité et tendent à être récupérés par des entreprises de presse – voire à en devenir! Au Québec en particulier, il y a lieu de s’interroger sur la capacité du marché à soutenir la production d’une information diversifiée et de qualité. La remise en cause du modèle économique traditionnel des médias ne fait qu’exacerber un problème de longue date.
Quant au discernement des internautes qui permettrait de trier le bon grain de l’ivraie, je ne partage pas votre optimisme. Il suffit de comparer les cotes d’écoute des jeux-questionnaires et des télé-réalités à celles des documentaires et des émissions d’information, ainsi que le volume de clics et de commentaires générés par différents types de blogues, pour constater que le réflexe de la facilité est très présent chez le public. Le rôle du journaliste est justement d’aller à l’encontre de ce réflexe, mais en l’absence d’un modèle de financement qui lui permette d’en faire son métier, la fonction journalistique se retrouve lourdement précarisée. Oui, des journalistes ont peur de perdre leur emploi, mais sans une masse critique de professionnels de l’information, nous aurions tous de quoi nous inquiéter.
Je comprends très bien votre avis et je le partage, en partie. Cependant, il appert que j’ai échoué à éviter un écueil : celui d’être perçu comme un autre évangéliste du web. Aussi, on dirait que je n’ai pas réussi à communiquer clairement mon idée centrale c’est-à-dire qu’il y a une confusion entre forme et fonction.
Selon moi, ce qui différenciait réellement les journalistes du reste de la société n’était pas le fait qu’ils « allaient plus loin », mais qu’ils avaient un meilleur accès à des moyens de production et de diffusion limités. Ils n’ont jamais été les seuls à faire des analyses, à mettre en perspective (d’ailleurs, n’ont-ils pas recours à une pléthore d’experts pour étayer leurs propos ?). Cependant, ils ont été les seuls à le faire publiquement et en rejoignant un aussi grand nombre de personnes. C’est pour cette raison qu’on a associé la fonction d’information au travail de journaliste.
Une autre conséquence de cette rareté (dû au fort coût associé à la production et la diffusion de contenus) est le rôle de chien de garde. Auparavant, comme tout acteur qui voulait diffuser un message devait le faire par l’entremise des médias, ces derniers pouvaient faire de l’arbitrage. Ce message passe. Celui-là, non. Il est normal que certaines règles encadrent l’exercice de ce pouvoir. Par exemple, la fairness doctrine aux États-Unis (il y a longtemps) ou les conditions qu’impose la CRTC aux télédiffuseurs.
Or, dans les deux cas, la configuration et les normes journalistiques ont été tributaires de l’ancien médium. Or, la « forme » ne devrait pas déterminer la fonction. C’est pour cette raison que je prétends que la fonction du journaliste, peu importe le médium, est de « topograhpier la société humaine ». Il n’est pas celui qui écrit, qui produit, mais celui qui dirige. «Voici ce que nous trouvons significatif». Le choix des nouvelles et des informations ainsi que les sections de reportage original (lorsqu’il y a un manque) sont à la base de la marque d’une organisation de presse.
Ensuite, en ce qui concerne la participation des internautes et ce que vous appelez la « grande conversation du web ». Loin de moi l’idée que tout ceci se réalise « automagiquement ». « Mettez un forum et vous aurez plus d’informations et d’opinions que les grands groupes de presse ! » ne suffit évidemment pas. Mon point est plutôt qu’« internaute » n’est qu’un titre, que derrière se cache un individu qui peut avoir une expertise particulière sur un sujet donné. Il faut savoir choisir son public, identifier les éléments valables au sein de celui-ci et les récompenser. Le modèle de Paul Bradshaw est une bonne illustration du « type » d’individus qui peuvent contribuer. Cependant, s’il y a une chose qu’il faut retenir, c’est qu’il s’agit d’un type, pas d’individus c’est-à-dire que le travail initié par l’un peut être complété par un autre. Dit autrement, selon moi, ce que l’organisation de presse doit chercher, ce sont des collaborations, pas des collaborateurs.
Au fur et à mesure que les acteurs se mettent à produire eux-mêmes du contenu, le journaliste se replacera au-dessus du contenu. Si, par exemple, on dit que le journaliste cherche à recueillir de l’énergie. Le journalisme d’antan était comme un barrage. Aujourd’hui, il doit plutôt être une centrale au fil des eaux et faire converger des rivières d’informations plutôt que de les stocker. L’organisation médiatique regagne ainsi sa place de tierce partie et peut donc mettre un grain de sel, encadrer, comparer et contraster… La qualité peut être maintenue et le spin peut être évité ou « ralenti ».
Finalement, en ce qui concerne l’« intérêt du public ». À mon sens, encore une fois, il y a un changement de mentalité qui doit s’effectuer. D’abord, sur Internet, de plus en plus d’utilisateurs se retrouvent sur les sites des journaux par l’entremise de moteurs de recherche. Ils vont directement au contenu qui les intéresse, pas à celui qui leur est «poussé». Une organisation qui reconnait le principe de « long tail» comprend que souvent il y a plus d’activité dans « la traine » (ensemble de milliers de niches) que dans la tête. En favorisant du contenu reconfigurable (comme le suggère l’AP dans son étude A New Model for News), il est possible de créer des associations entre les différents contenus et augmenter le temps que l’internaute passera sur le site. On augmente ainsi le temps d’exposition aux publicités et si, par exemple, il peut monter son propre « porte-folio » qui sera partagé avec des amis (ou des collègues), il est possible de rentrer dans le modèle « freemium » qui est un des seuls à fonctionner sur le web.
J’en ai encore beaucoup à dire, mais j’attends votre réponse…