La radio annonce, la télé illustre, le journal met en perspective… et le web ?

11 01 2009

Par Alexandre Cayla

Comme je l’expliquais dans deux de mes derniers billets, le journalisme est tout une fonction (topographier la société humaine) qui prend différentes formes selon le support sur laquelle elle est exercée (la radio annonce, la télévision illustre, le journal met en perspective, par exemple). Ainsi, pour éviter de cannibaliser leur production (j’arrête d’acheter le journal puisque j’ai la même nouvelle en ligne) les organes de presse doivent identifier les forces et les faiblesses de chaque médium et élaborer une stratégie holistique au sein de laquelle chaque support présente de manière différente l’information sur un même sujet/événement. Comme la radio, la télé et les journaux existent depuis longtemps et que leurs « codes » sont déjà bien établis et compris, je me concentrerai sur les caractéristiques intrinsèques au Web.

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Les 4 défis du journalisme web – 2e partie

6 01 2009

Par Alexandre Cayla

Ce billet est la seconde partie du texte sur les 4 défis du journalisme web. Dans la première partie, les deux défis sont : éviter les débats inutiles et ne pas confondre la forme (support) et la fonction journalistique. Elle se trouve ici.

Troisième défi : retrouver l’essence du journalisme

Lorsque les gens s’informent, ils veulent avoir de l’information sur des événements récents ou futurs qui sont susceptibles de les toucher. De là découle le mythe du journaliste comme « témoin professionnel » : tous ceux qui ne peuvent être présents s’informeront par son entremise. Toutefois, le journaliste n’est pas une simple « courroie de transmission », un simple relais humain plutôt que technologique : il fait le tri de tous les événements et ne rapporte que ceux revêtant une signification particulière pour son public cible. Dit autrement, si l’on considère que la société est un lieu qui se construit au travers les interactions entre ses membres et des événements, le rôle du journaliste serait de topographier l’évolution de la société humaine (d’ailleurs, ne dit-on pas que les conventions sociales sont des « limites » qui sont parfois « redessinées »  par la nouvelle génération ou par des événements particuliers ?).

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Les 4 défis du journalisme web – 1ere partie

6 01 2009

Par Alexandre Cayla

MÀJ : Pour les lecteurs tenaces et courageux, à la fin de la deuxième partie se trouve un commentaire de Collete Brin de ProjetJ ainsi que ma réponse. C’est ici.

Aujourd’hui, dire que le secteur des médias d’information (et, plus particulièrement, celui de la presse écrite) va mal est presque devenu un truisme; fragmentation du public, baisse des revenus publicitaires, déplacement des petites annonces vers de sites spécialisés, comme LesPac, Craigslists ou Kijiji, les sources de ses maux sont nombreuses. Cependant, le véritable fléau qui afflige le secteur n’est pas externe, mais plutôt interne : le manque de vision.

Je concède que cet avis est un peu raide, car le manque de vision des leaders et des chercheurs de l’industrie n’est certainement pas responsable de tous les problèmes qui accablent le secteur. Toutefois, comme Internet est là pour de bon, les sources du problème importent moins que la capacité des organisations médiatiques à les gérer. Voici donc les quelques défis que devront relevés par les acteurs du milieu de la presse.
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Pourquoi le journal collaboratif triomphera

22 08 2008

Par Alexandre Cayla

Le blogue Epicenter de Wired a un billet aujourd’hui qui traite de iReport, la plateforme de journalisme citoyen de CNN. Bien que très court, il argue, chiffre à l’appui, que la cohabitation entre journalisme amateur et professionnel est en train de s’établir. Évidemment, seulement certaines histoires ont été rediffusées. Toutefois, le principe sous-tendant le journal collaboratif (obtenir des «contenus» de plusieurs sources et donc  une diversité de perspectives à portée de main) est respecté. En ayant recours au «crowdsourcing», l’entreprise médiatique peut donc concilier flexibilité et faibles coûts.

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Youtube, gardien de la vérité

13 08 2008

Par Alexandre Cayla

YouTube est souvent considéré comme étant l’archétype des « nouveaux médias ». YouTube et ses émules donnent donc aux citoyens la possibilité de « faire la nouvelle ». Il tire sa puissance de son nombre effarant d’utilisateurs, mais surtout, surtout, de ses « pages vues ». En effet, la capacité d’incruster des vidéos dans des pages web ou de les envoyer a fait en sorte qu’il n’est pas rare que certaines de celles-ci soient vues des millions de fois. De plus, lorsqu’une vidéo (notamment politique) atteint les millions de visualisations, les médias « traditionnels » en parlent. La campagne présidentielle qui a lieu à l’heure actuelle aux Étst-Unis est un exemple de cette évolution : on cherche constamment le prochain « moment YouTube ».

Cette évolution est intéressante, car la plate-forme est à la fois la source et diffuseur de l’événement. De plus, ce n’est qu’à ce moment qu’il peut être menaçant pour les « médias traditionnels », car il se met à remplir une fonction qui était précédemment leur chasse gardée. Une plateforme qui diffuse des vidéos de pandas qui éternuent ne devrait pas être une menace. Toutefois, il y a une caractéristique peut être considérée comme une « menace ».

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La concurrence sans ses conséquences

24 05 2008

Par Alexandre Cayla

Il n’est pas inhabituel de voir Youtube faire la nouvelle, mais à partir de maintenant Youtube fera de la nouvelle. En effet, sur son blogue corporatif la compagnie a annoncé le lancement d’un nouveau service de journalisme citoyen (Citizen News). L’objectif, clairement présenté par la nouvelle « rédactrice en chef » du service, Olivia M., est de faire de Youtube un « go-to destination » des nouvelles en ligne.

Jusqu’à présent, Youtube et ses émules (notamment dailymotion, veoh.com et Tontuyau au Québec) avaient grandement changé le paysage de la diffusion en permettant à n’importe quel utilisateur de devenir un producteur de contenu et de le diffuser à son public par le biais du Web. Mme. M., parle d’ailleurs de toutes ces personnes qui ont utilisé la plate-forme pour diffuser des « webcasts» d’information allant « des dernières nouvelles sur les événements se déroulant sur le campus à une entrevue avec les maires ». Toutefois, étant d’abord et avant tout une plate-forme de diffusion, les contenus qui s’y retrouvent sont très variés. Par conséquent, même lorsqu’ils sont organisés dans des chaînes, ils sont souvent perdus dans une mer d’autres chaînes plus ou moins pertinentes comme en témoigne la capture d’écran.

Et, même s’il est vrai qu’il existe des fonctions de recherche, le consommateur de nouvelles est avant tout à recherche d’une nouvelle fiable, pas d’une chaîne. C’est d’ailleurs pourquoi les « marques » dominent encore les nouvelles en ligne.

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La presse est morte! Longue vie à la sphère médiatique!

23 05 2008

Par Alexandre Cayla

Le 14 avril dernier, Jeff Jarvis, professeur associé et directeur du programme de journalisme interactif à la Graduate School of Journalism de la City University of New York a publié un billet sur ce qu’il appelle le « press sphere » ou « sphère médiatique » ou « informationnelle ». Il s’agissait, en quelque sorte, d’une synthèse de sa vision sur la nouvelle « écologie médiatique » depuis l’avènement d’Internet. Une des forces de son texte est qu’il va au-delà de du nouveau journalisme, tel que présenté par Paul Bradshaw, le situant dans son contexte global.

Selon lui, les organes de presse doivent adopter une nouvelle structure plus en phase la nature des relations entre consommateur et producteurs de contenu sur Internet. En fait, tant que les gestionnaires des médias ne s’en rendront pas compte, il sera difficile pour eux de mettre sur pied des modèles d’affaires fonctionnels. L’ancien modèle « linéaire » s’oppose donc à l’idée de « sphère informationnelle » et c’est d’ailleurs parce que les « médias traditionnels » ne comprennent pas cette nouvelle dynamique qu’ils ont tant de difficulté à effectuer une migration réussie vers le Web.

Dans le système traditionnel, le travail des organes de presse s’apparente à celui de n’importe quelle autre industrie : un entrant (des événements, des informations, une déclaration controversée, un rapport, etc.), un processus (travail journalistique) et un extrant (journal, téléjournal, etc.) qui sera consommé par un citoyen désireux d’être informé. Or, sur Internet, le consommateur de nouvelles a accès à différents types de sources au sein d’une « sphère informationnelle » et la presse n’en est qu’une. Lisez la suite de cette entrée »





Le nouveau journalisme

21 05 2008

Par Alexandre Cayla

Aujourd’hui, les compagnies, les gouvernements et même les citoyens peuvent produire et diffuser de l’information. Ainsi, d’un monde où l’information était rare et diffusée par certains acteurs privilégiés, nous sommes passés à un monde où elle est surabondante et où les consommateurs de nouvelles n’ont plus besoin de passer par des intermédiaires pour avoir accès à l’information. Il n’est donc pas étonnant que la valeur de la nouvelle soit en chute libre et que le métier de journaliste soit dans une crise existentielle.

Comme le souligne Philippe Le Roux, président de la firme montréalaise de marketing interactif VDL2, sur le blogue de Nelson Dumais : « pour les internautes, la nouvelle est perçue comme étant gratuite; c’est l’information qui a de la valeur. Ils sont prêts à payer pour de la nouvelle traitée, celle mise en perspective ou contradictoire. La nouvelle brute, ils l’ont partout, à répétition, à longueur de journée ». Bref, dans ce nouvel environnement, les journalistes ne peuvent plus justifier leur rôle d’intermédiaire entre la source et le consommateur; pour survivre, le journaliste devra se réinventer.

La profession a déjà commencé à changer : de journalistes spécialisés dans une forme de communication, les employeurs exigent maintenant qu’ils deviennent des « journalistes multimédias » aussi bien capables de recueillir de l’information et de la communiquer sous forme écrite que de filmer et de monter des reportages. L’idée centrale est simple : la réutilisation du contenu dans un contexte « multiplateforme ». Or, on peut dire qu’il s’agit là d’une solution « quantitative » (produire plus) à un problème « qualitatif » (produire différemment) : le problème n’est pas la production journalistique, mais la fonction même du journaliste. En fait, le rôle du « nouveau » journaliste serait plutôt d’être « au-dessus » du contenu. Qu’est-ce que cela veut dire?

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