Les 4 défis du journalisme web – 2e partie

6 01 2009

Par Alexandre Cayla

Ce billet est la seconde partie du texte sur les 4 défis du journalisme web. Dans la première partie, les deux défis sont : éviter les débats inutiles et ne pas confondre la forme (support) et la fonction journalistique. Elle se trouve ici.

Troisième défi : retrouver l’essence du journalisme

Lorsque les gens s’informent, ils veulent avoir de l’information sur des événements récents ou futurs qui sont susceptibles de les toucher. De là découle le mythe du journaliste comme « témoin professionnel » : tous ceux qui ne peuvent être présents s’informeront par son entremise. Toutefois, le journaliste n’est pas une simple « courroie de transmission », un simple relais humain plutôt que technologique : il fait le tri de tous les événements et ne rapporte que ceux revêtant une signification particulière pour son public cible. Dit autrement, si l’on considère que la société est un lieu qui se construit au travers les interactions entre ses membres et des événements, le rôle du journaliste serait de topographier l’évolution de la société humaine (d’ailleurs, ne dit-on pas que les conventions sociales sont des « limites » qui sont parfois « redessinées »  par la nouvelle génération ou par des événements particuliers ?).

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Le nouveau journalisme

21 05 2008

Par Alexandre Cayla

Aujourd’hui, les compagnies, les gouvernements et même les citoyens peuvent produire et diffuser de l’information. Ainsi, d’un monde où l’information était rare et diffusée par certains acteurs privilégiés, nous sommes passés à un monde où elle est surabondante et où les consommateurs de nouvelles n’ont plus besoin de passer par des intermédiaires pour avoir accès à l’information. Il n’est donc pas étonnant que la valeur de la nouvelle soit en chute libre et que le métier de journaliste soit dans une crise existentielle.

Comme le souligne Philippe Le Roux, président de la firme montréalaise de marketing interactif VDL2, sur le blogue de Nelson Dumais : « pour les internautes, la nouvelle est perçue comme étant gratuite; c’est l’information qui a de la valeur. Ils sont prêts à payer pour de la nouvelle traitée, celle mise en perspective ou contradictoire. La nouvelle brute, ils l’ont partout, à répétition, à longueur de journée ». Bref, dans ce nouvel environnement, les journalistes ne peuvent plus justifier leur rôle d’intermédiaire entre la source et le consommateur; pour survivre, le journaliste devra se réinventer.

La profession a déjà commencé à changer : de journalistes spécialisés dans une forme de communication, les employeurs exigent maintenant qu’ils deviennent des « journalistes multimédias » aussi bien capables de recueillir de l’information et de la communiquer sous forme écrite que de filmer et de monter des reportages. L’idée centrale est simple : la réutilisation du contenu dans un contexte « multiplateforme ». Or, on peut dire qu’il s’agit là d’une solution « quantitative » (produire plus) à un problème « qualitatif » (produire différemment) : le problème n’est pas la production journalistique, mais la fonction même du journaliste. En fait, le rôle du « nouveau » journaliste serait plutôt d’être « au-dessus » du contenu. Qu’est-ce que cela veut dire?

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